L'AINEE ANOUCHKA

Publié le par Marishka




                                                      
     
                    Une des soeurs ! 
                        L'AINEE ANOUCHKA.



Tout ce qu'elle fait n'est pas banal...
Obligée de faire un sacré bond en arrière.

Nous sommes en 1979, elle est mère au foyer : "cent professions", comme je me plais à dire d'une femme au foyer, sans profession.
 
Elle s'occupe de ses 3 fistons et le grand projet familial, est la construction de leur maison à St. Q..... Avec peu de moyens la sagacité et la pugnacité d'Anouchka, la maison sort de terre et la petite famille s'installe dans le nouvel home.
Après avoir manipulé la truelle, le mètre pliant, le marteau, Anouchka aspire à développer des sens artistiques, qui l'habitent depuis longtemps.
Elle va commencer, à l'instar de Pénélope (ça été aussi le nom d'un de ses chats), par du tissage qu'elle réussit à merveille.

Puis Anouchka a saisi l'opportunité de travailler dans une jardinerie, près de chez elle.
Un domaine qui lui plaisait beaucoup. Elle nous débitait des litanies de noms latins de n'importe quelle plante ! Je m'étonnais de sa mémoire pour toute cette végétation...
Elle excellait dans le rempotage et elle avait l'air de se plaire à tripoter la terre et les engrais...
Jusqu'au jour où il a fallu qu'elle peigne un panneau, destiné à être planté sur le bord de la route, pour vanter la vente de sapins de Noël. Dommage personne n'a pensé à photographier le panneau ! 
Mais dans la tête d'Anouchka l'idée a germé, un déclic ! C'étaient les prémices d'une vocation très prolifique.
Elle a exercé ses nouveaux talents picturaux, sur des toiles, c'est ainsi qu'a débuté sa "carrière" d'artiste peintre. Elle courait les expositions et voyait quelques unes de ses oeuvres primées. Dont une à New-York !

La vie s'écoule paisiblement. Une seule ombre toutefois, pour compléter ce tableau idyllique : Il manque dans la maisonnée, les rires d'une petite fille qui viendraient parfaire leur bonheur.

A-R voit le jour en juillet 1990, 20 ans après l'aîné et 14 ans après  le benjamin de la famille !
C'est dire si cette petite fille a été choyée et chouchoutée !

Puis le climat s'était détérioré au sein du foyer et le divorce entre Anouchka et V..... était devenu inéluctable.
Après une tentative de réconciliation, ils ont à nouveau et définitivement rompu.
Les tracasseries vindicatives de V..... ont eu raison de sa patience, et c'est à ce moment là, qu'Anouchka a décidé de mettre de la distance entre elle et son ex mari.
Les garçons quant à eux, étaient "casés".
C'est ainsi qu'elle se retrouva à Bordeaux, avec A-Rébecca à Bordeaux, car Pierre, habitait déjà la région, depuis quelques mois.
Toute une vie à reconstruire...sans travail, loin de sa famille : Chapeau la sisterette ! moi j'admire, je n'aurais jamais pu le faire...
Très vite, elle trouva du travail : "nourrice agrée".
Avec 3 agréments, elle put vivre confortablement de son travail, tout en s'occupant de A-R. Une ribambelle de bébés défilaient dans l'appartement.
Le mercredi, pas de bébés à la maison, elle pouvait s'adonner à la peinture. 



     

                  Les péripéties des vendanges.



Toutes les années, fin septembre / début octobre, nous nous rendons à Bordeaux, pour les vendanges.
Cette année là 2001...
C'est avec la voiture de Francis, que l'on s'y rend.
Nous venions de vivre le traumatisme du 11 septembre 2001...et le 21 septembre 2001, l'usine AZF de Toulouse venait d'exploser. Nous étions le 25 et aux abords de Toulouse régnait encore une odeur de brûlé !

Au début du séjour, les vendanges n'ayant pas encore commencées, je suis allée passer quelques jours chez Anouchka.

Le premier matin avec Anouchka nous étions confortablement installées dans son lit pour notre petit déjeuner, le plateau posé sur nos jambes nous devisions de choses et d'autres. Le chat de la maison, un angora blanc : John-John, était pelotonné à nos pieds et ronronnait en dormant.
Nous nous étions adossées à la tête du lit et ce qui devait arriver était prévisible...sur la tête du lit reposait un grand tableau qui a brusquement décidé de nous tomber sur la tête ! Nos cafés se sont renversés dans le lit et sur John-John. Le chat, a détalé à toute allure.. Il n'était plus très blanc...
Le séjour commençait bien !
Le lendemain, je me suis rendue au château, où j'étais attendue pour les vendanges.
Anouchka était restée chez elle, avec 1 bébé en garde. Nous avions convenu que dans la journée je l'appellerai et qu'elle nous rejoindrait le soir, pour passer la soirée en famille.
J'ai vainement appelé à plusieurs reprises : Personne !
Il pleuvait et je me demandais où elle avait bien pu aller avec le bébé sous la pluie, tout ce temps là ! D'autant plus qu'à midi, le téléphone sonnait encore en vain...
Le soir nous avons eu l'explication :
Elle avait projeté d'aller faire des courses avec le bébé.
Alors qu'elle était sur le palier sa porte s'était brusquement refermée, avec la clé sur la serrure, à l'intérieur !
Depuis le matin, elle se retrouvait à la rue, avec un bébé, sous la pluie. A midi elle attendait encore un serrurier. Elle n'a eu d'autres ressources que d'aller dans un bar, faire faire une petite dînette au bébé...

Le mercredi suivant, Anouchka en congé est venue passer la journée au château, et mettre la main à la pâte.
Les vendanges se sont passées dans la bonne humeur.
Quoique moi, je n'ai pas pu y retourner, l'après midi, j'avais le dos en marmelade...et la distribution d'aspirines n'a pas calmé mes pauvres os endoloris.
Le soir, Pierre nous conseille d'aller chez son voisin viticulteur, où le raisin était acheminé, pour voir comment se déroulaient les différentes étapes, après la cueillette.
Pierre à cette époque n'avait encore pas installé "sa machinerie" à vin et ce voisin le dépannait.
Anouchka a pris le soin de se changer, et pour l'occasion elle avait revêtu un tee-shirt bleu avec des moutons, qu'elle s'était ramené de San Francisco. Elle était fière de l'étrenner ce soir là.
Pascale, le soeur de Joëlle (alors la compagne de Pierre), sa fille Clara ainsi que A-Rébecca nous avaient accompagnées.
J'avais pris au passage mon appareil photo, pour ne pas en rater un miette.
Les grappes de raisin étaient déversées dans un "égrappoir". Les grains séparés des rafles tombent dans une benne, le "fouloir". Les raisins écrasés sont alors pompés par "des tuyaux haute pression" et envoyés dans de grandes cuves de fermentation.

L'explication technique du net :

L'ÉGRAPPAGE ET LE FOULAGE
Après les vendanges, les raisins sont livrés à l'établissement vinicole où ils sont immédiatement égrappés et foulés à l'aide d'un fouloir-égrappoir. Ce procédé est axé sur la qualité, puisque le contact prolongé entre le jus, les tiges et les feuilles peut donner un goût amer indésirable au vin produit. Pour la fabrication du vin blanc à partir de raisins de la vigne à feuilles argentées, les raisins récoltés à la main sont souvent pressés sans avoir été foulés. Les raisins écrasés (appelés à cette étape « moût ») sont ensuite pompés directement jusqu'à la presse.
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                                     L'égrappoir-fouloir

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                                    Cuves de fermentation                                
 
                           
Nous nous tenions, devant l'égrappoir-fouloir, où l'on ne voyait pas trop où allaient les grappes. Je suggère à Anouchka de contourner la machine afin de prendre des photos. Anouchka me fait remarquer qu'elle va se salir avec son tee-shirt blanc..."Mais non ça ne craint rien viens "! Lui dis-je.
aussitôt dit aussitôt fait.
J'étais en train de prendre une photo quand tout à coup le tuyau qui transportaient les grappes dans la cuve se détacha brusquement sans crier gare ! Anouchka et moi bien placées...nous avons reçu le jet en pleine figure ! Je me souviens d'une grosse douleur sur le côté de mon visage ! Le jet était puissant. Le tuyau se démenait comme un cobra !
Avec Anouchka on se regarde interloquées...Nous étions violettes de la tête au pied ! Nous avons éclaté de rire comme rarement ça nous est arrivé, au point de nous pisser dessus !
Tout le monde étaient plié de rire ! Et le réflexe de Pascale fut de m'empoigner l'appareil-photo trempé et de vite tirer quelques clichés ! Ce sont les dernières photos que mon appareil a faites, après il n'a plus rien voulu savoir...
Le viticulteur a vite arrêté la "machinerie", ses murs peints en blanc étaient violets !!!! il y en avait de partout de la vinasse !
Il est allé nous chercher des serviettes ...blanches pour nous essuyer.
Et pour sans doute se faire pardonner de cette fausse manoeuvre il nous a offert un verre de vin...comme si nous n'en n'avions pas assez eu !
Puis il nous a donné une bouteille de vin, pour ramener au château. nous l'avons transportée ouverte il ne trouvait pas de bouchon...
La troupe toujours morte de rire a pris le chemin du retour.
Il n'aurait pas fallu rencontrer la maréchaussée, nous puions le vin à plein nez, et je tenais la bouteille ouverte...
Nous avions du mal à reprendre nos esprits, et Anouchka a marqué un stop au milieu de la route !
Vous imaginez notre arrivée au château ! Nous avions des peaux de raisin partout dans les cheveux, sur les vêtements, et le tee-shirt d'Anouchka n'avait plus rien de bleu ! Les peaux de raisin et les pépins étaient même passés à travers nos vêtements, on en avait dans nos culottes et dans les soutiens-gorge !
Nous avons transmis le message du voisin-viticulteur à Pierre : "Il faudra compter 50 litres de moins dans la vendange "!

Un an après cet épisode digne de "vidéo-gag", je ressentais une gène dans mon oreille, je porte mon doigt à l'oreille et j'entends un petit "toc" sur la table ! j'observe de plus près : c'était un pépin de raisin qui s'était logé au plus profond de mon oreille, sans pour autant m'assourdir...Bizarre !

C'étaient là nos premières vendanges, elles sont gravées à vie dans nos mémoires.                             
                                            
 

 

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                               Anouchka                  

 

 

 

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                                Marishka

 

La qualité des photos a pâti des effluves vinicoles, l'appareil-photo ayant lui aussi beaucoup...bu.

 

                    La balade en bateau.

            

Le lendemain de ces vendanges mémorables, nous avions convenu, d'aller faire une balade en bateau avec Patrick, l'ouvrier de Pierre. 
Faisaient partie de la balade A-Rébecca, Anouchka, Pascale, Clara sa fille, et moi. 
Nous avions préparé un panier pique-nique : Du vin blanc, du Champagne, des tomates, un peu de charcuterie et du fromage, car nous comptions trouver de quoi nous sustenter sur place : des huîtres, dans des parcs laissés à l'abandon, du côté du banc d'Arguin.
Après une demie heure de navigation, Patrick arrête son bateau sur la plage d'un îlot.
Je précise au passage que nous n'étions pas en maillot de bain...Que je n'ai vraiment pas le pied marin  et que...je ne sais PAS nager !
Il nous faut donc descendre du bateau et prendre un sacré bain de pieds et même de genoux ! Qu'importe on aura le temps de sécher...
Patrick m'avait prêté des vieilles baskets qu'il avait dans son bateau...du 43 au moins alors que je chausse du 39...
Nous voilà munies d'un panier à arpenter l'îlot à la recherche des fameuses huîtres, qu'on ne tarde pas à découvrir ainsi que des crabes que nous dénichons sous les rochers.
Patrick nous met en garde : "Ne vous éloignez pas trop, et surveillez le bateau, il va y avoir la marée et il faudra regagner le bateau en vitesse ! "
A bon entendeur salut ! Pigé !
Moi qui nage comme une pierre au fond de l'eau son conseil n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde ! 
Un homme averti en vaut deux, mais Marishka avertie en vaut quatre !

Nous nous dispersons un peu et chacun remplit le panier de cette pêche miraculeuse !
Au début je tiens bien compte de l'avertissement de Patrick et je me baisse pour ramasser des huîtres et je ne quitte pas le bateau du coin de l'oeil.
Plus on ramasse des huîtres et plus il y en a ! On trouve toujours un meilleur coin.
Pendant un instant j'en oublie le bateau, je suis dans le feu de l'action...
Tout d'un coup je jette un oeil au bateau...l'eau a monté, et pour remonter il va falloir que nous nous mouillions au moins jusqu'à la ceinture...
Patrick a vu aussi et nous enjoins de vite remonter dans le bateau. 
Et comme il a dit "VITE", je perçois un danger...je me mets à courir.
Je pare au plus pressé et en courant, je décide de couper un îlot d'herbes hautes, que nous avions contourné à l'aller...
A peine ai-je mis le pied dessus, que je sens que je m'enfonce...j'essaye de me dégager, mes efforts sont vains : Plus je bouge plus je m'enfonce dans une sorte de goudron poisseux !
J'en perds la basket de Patrick, que je récupère à tâtons en enfonçant à nouveau mon pied dans cette vase...
Je suis ensevelie jusqu'aux genoux quand Pascale trouve un endroit stable pour se caler, et me tends le panier, que j'attrape. Elle me tire. Je sens l'efficacité de la manoeuvre...ça va y être...encore un effort ! OUF !!
J'en suis sortie, mais je me regarde...Je suis toute noire jusqu'au genoux !

Je n'en continue pas moins ma course effrénée vers le bateau....Je ne suis  pas encore sauvée...
Le bateau tangue, J'attends les fesses dans l'eau, le moment propice pour passer à l'abordage. Dès que je pense que ça va être bon, je me précipite et je m'attrape à l'hélice pour me hisser à bord. 
J'y parviens, mais au prix d'une belle estafilade à la jambe ! 
J'aide de mon mieux à faire monter les autres : Moi je suis sauvée à ce moment là... je pense que je ne crains plus rien...
A tort...La journée nous réserve d'autres surprises....

Nous reprenons notre navigation et 1/4 d'heure après, Patrick accoste sur une magnifique île déserte, une immense dune.
C'est là que nous allons enfin déguster le fruits de notre "cueillette".
Je n'avais pas eu le temps de sécher, me voilà à nouveau mouillée, pour aborder sur l'île...
L'endroit est paradisiaque et nous sommes seuls au monde ! Les mouettes viennent jusque sous notre nez pour quémander un peu de nourriture.
On a sorti le vin blanc pour déguster nos huîtres, on se régale ! 
Après ce festin bien arrosé, pendant que A-Rébecca et Clara s'ébattent sur la dune, les adultes cherchent un coin digne de les accueillir pour satisfaire un brin de sieste. 
Anouchka a déniché un grand trou dans le sable qui lui sert de "transat". Elle est entièrement dans son trou ! Patrick a aussi trouvé un endroit propice, un peu plus loin. Moi je n'ai pas trouvé de trou comme Anouchka, mais je m'allonge pas très loin d'elle, et je ne tarde pas à succomber à cette douce torpeur...
Bientôt je suis réveillée par les ronflements d'Anouchka et Patrick...
Mes vêtements ont enfin séché.
Après 3/4 d'heure de sieste  Anouchka s'éveille aussi. Les petites jouent à faire du toboggan sur la dune.
Nous décidons de laisser Patrick dans les bras de Morphée, et nous partons avec Anouchka explorer "notre île". 
Nous arrivons sur le côté opposé à celui où nous étions, et là il y a du monde...la magie est rompue...nous nous croyions seuls au monde.
Nous nous asseyons sur le haut de la dune, qui va en pente douce vers l'océan, et nous regardons les vagues agitées qui s'écrasent sur la plage. 
Ça ne faisait pas 5 minutes que nous espionnions les baigneurs, quand une vague immense s'est distinguée des autres, pour venir nous asperger de la tête aux pieds !
Me revoilà encore trempée ! Je m'esclaffe : "Il y en a marre dans ce pays ! on a toujours le cul mouillé !"
Nous reprenons le chemin du retour...
Patrick s'est éveillé et nous cherche.
"Vite, il va falloir partir le temps se gâte et l'océan est agité, et la marée est montée !" 
Inquiète je regarde du côté du bateau...effectivement l'eau a monté et je vais encore devoir faire des prouesses pour monter dans ce fichu bateau...
Nous rassemblons à la hâte les paniers, et nous voilà sur la plage. Le bateau tangue tant qu'il peut...ça ne me dit rien de bon...J'angoisse.
Puis Patrick d'un ton le plus sérieux du monde nous dit :
" Il faut à tout prix monter dans le bateau et VITE !" 
"Attendez que la vague se retire et précipitez-vous sur le bateau ! 
Nous attendons sur la plage le moment où l'on va se ruer sur le bateau...Quand une énorme vague vient se jeter sur nous ! 
Anouchka qui se tenait au premier plan, avec des paniers, est submergée par la vague et tombe par terre ! Lorsqu'elle se relève je meurt de rire !
Elle avait enfilé un pull en laine, car le temps s'était refraîchi et le pull lui arrive aux genoux ! Je lui lance : "Tu aurais pu attendre pour faire ta lessive "!
Je reprends vite mon sérieux, car Patrick est inquiet et nous dit de nous dépêcher, sinon on va devoir dormir sur l'île !
J'observe le ressac des vagues pour attendre le moment propice, il faut que je renouvelle mes exploits du matin...

Tout d'un coup c'est bon, je me précipite ! je réunis les dernières forces qui me restent et me hissent sur le bateau. 
Je suis encore la première ! Mais je commence à baliser...si les autres n'arrivent pas à monter, je vais me retrouver toute seule sur le bateau !
Je leur crie de me passer les paniers. 
J'aide les 2 petites à se hisser à leur tour dans le bateau, puis Pascale et Patrick font grimper Anouchka trempée jusqu'aux os, enfin Patrick nous rejoint. 
Nous sommes sauvés mais encore trempés !
Sur le chemin du retour Patrick nous confie avoir eu très peur !
Il nous propose de passer chez lui pour l'apéro et déguster les crabes de notre " récolte". 
Il fait sa petite cuisine, on se régale ! 
On en profite même pour faire subir un sort à son figuier dans le jardin !

Mémorable cette sortie en bateau !
J'ai l'impression d'avoir échappé à la mort plusieurs fois dans cette journée !
 


                                                 
                                                                           BRICOLO                   

                                             

C'est à ce moment là de sa vie, que débarque le "génial bricolo"...son nouveau compagnon. Génial, car il savait tout faire. En fait il avait quelques talents de bricoleur, et il se disait "ingénieur en Suisse".
Il avait tout fait et inventé notamment un tas de procédés dont il avait soi-disant déposé les brevets...
Son génie c'était surtout d'embrouiller les gens...et c'était un grand mythomane.
En réalité sa carrière consistait en de petits boulots "au black", à droite et à gauche. Il faisait des dépannages en tout genre : un coup de peinture par ci et par là, de la plomberie, serrurerie etc...

Après quelques mois de vie commune, nous étions aux environs de Noël, il délestait le compte en banque d'Anouchka au moment où elle commençait à se rendre compte des forfaits de l'individu.
Les mensonges devenaient de plus en plus énormes, il ne travaillait pas ou peu et Anouchka l'a mis "à la porte"...

Elle se retrouvait avec A-Rébecca en cette période de fêtes sans le sou...C'était d'un triste !
Je n'ai pas réfléchi longtemps, j'ai demandé à Virginie de m'accompagner et nous voilà parties, en voiture pour Bordeaux le 24 décembre (?)

notre visite fut d'un grand réconfort pour toutes les deux. Nous avions même eu le temps d'improviser un petit réveillon !
Nous passions nos journées à essayer de dénicher les malversations de Mr.Bricolo sur le vieil ordinateur qu'il avait installé dans le fond du couloir.
En fait le couloir était bloqué par une armoire et Anouchka avait troué le fond de celle-ci pour communiquer avec Bricolo...Elle ouvrait la porte de l'armoire et lui passait sa bière...
Mais l'informatique , Anouchka et moi ça faisait 3, on n'y comprenait rien...nous pataugions...on voyait "dossiers cachés" pour nous c'était quelque chose qu'il avait planqué...
Nous avons passé des heures à éplucher le contenu d'un cageot où il avait rangé des papiers...Il avait laissé son butin de guerre et nous on décortiquait tout...En fait rien de bien compromettant si ce n'est quelques fausses factures...
Il a été décidé que nous allions le dénoncer à la police. Nous voilà partie avec le cageot sous une pluie battante, au commissariat de quartier. Anouchka qui conduisait une grosse et vieille voiture, se gare juste en face du policier en faction, sur un emplacement "interdit" (sans doute réservé à la police). Le policier la hèle et lui dit de déplacer la voiture, mais Anouchka, avait déjà empoigné le cageot, et elle dit d'une façon imperturbable : "J'en ai pour 2 minutes, je suis attendue avec ça !"
5 minutes après la voilà ressortie avec le cageot, les policiers n'en n'ont pas voulu !
j'étais morte de rire de voir la gueule du flic en faction !

Le lendemain matin, nous découvrons un pneu crevé à la voiture d'Anouchka. Qu'à cela ne tienne on va essayer de changer la roue. Gros problème : La roue de secours se trouve dans la voiture de Bricolo... à la fourrière depuis plusieurs jours...
nous décidons d'aller à la fourrière. Nous voilà parties à traverser tout Bordeaux sous la pluie. Les employés de la fourrière se montrent réticents à accéder à notre demande. Nous insistons et finalement ils acceptent.
Après avoir pataugé dans la boue de la fourrière, une bonne demie heure, nous découvrons le véhicule.
Et là paf ! catastrophe, Anouchka me dit qu'elle a oublié les clés de la voiture...si près du but...Nous n'allions pas refaire le trajet...
Je me dis que connaissant l'étourderie légendaire d'Anouchka, j'aurais dû m'inquiéter moi-même des clés, et je m'en voulais.
machinalement je mets ma main dans ma poche et je sors mon trousseau de clés de voiture. J'essaye d'ouvrir les portes, sans trop d'illusion. Rien à faire, c'était trop beau...J'essaye sur la serrure du coffre...hourra ça marche !
Nous récupérons le pneu tant convoité, et nous nous apprêtons à partir, quand Anouchka subitement décide d'inspecter la boîte à gant, à la recherche d'indices compromettant pour le Sieur Bricolo.
Aussitôt dit, aussitôt fait, elle relève le bas de sa jupe et la voilà qui enjambe le coffre. Elle crapahute par dessus les fauteuils. Elle parvient à la boîte à gant et commence son inspection.
Elle sort divers papiers sans importance, quand tout à coup elle me dit : "Tiens attrape ça"! 
Et joignant le geste à la parole, elle me lance un objet que je ne distingue pas, jusqu'à ce qu'il soit dans mes mains : C'est un revolver en plastique, que j'ai lâché d'un coup le prenant pour un vrai !
Sur le chemin du retour nous gambergions sur la présence de ce revolver dans la boîte à gant. Nous imaginions des braquages commis à l'aide de cet objet en plastique, ressemblant à s'y méprendre à un vrai. Tout était possible avec cet individu...

Quelques jours plus tard, nous laissions Anouchka et A-R et avec Virginie nous rentrions chez nous.
Par la suite j'ai appris qu'Anouchka et Bricolo s'étaient revus et qu'il était revenu habiter chez elle...J'ai eu beau la mettre en garde, ainsi que toute la famille, rien à faire...
Les griefs furent oubliés.

Ce qui est sûr, c'est qu' Anouchkaet moi il nous a converties à l'informatique. Il était doué pour assembler un ordinateur de A à Z en récupérant des pièces par ci et par là.
C'est ainsi qu'en mars 2004, Anouchka et Bricolo m'offraient ma première bécane, que Bricolo appelait un "dinosaure" !
Avec Bricolo, nous passions des heures au téléphone à dépanner le dinosaure.
Il me faisait démonter l'unité centrale, à 4 pattes sous le bureau, en plein cagnard, le téléphone rivé à mon oreille.
Les "cavaliers", les nappes, les disques durs, les maîtres, les esclaves, que je démontais et remontais, la défragmentation, tout ça n'avaient plus de secret pour moi...Il me guidait dans le BIOS on formatait, et on reconfigurait tout.
Moi qui n'avait jamais vu un ordinateur de près j'ai tout de suite été dans le bain !
J'étais tellement ignorante de la chose, que lorsque j'ai allumé l'ordinateur pour la première fois, je n'avais pas pensé que pour l'éteindre, il fallait cliquer sur "démarrer" !! Et je l'éteignais par le bouton de l'unité centrale !
Je suis logique moi, et je ne suis pas Bill Gates, non plus !
Une chose cependant ne cesse de m'intriguer, pourquoi Bricolo ne voulait pas entendre parler de "XP" et nous obligeait à "rouler" sous Windows 98. Ça m'échappe et jamais je n'aurai l'explication...

En tout cas, la vie avait repris ses droits. Anouchka est plus que majeure ...et tout allait pour le mieux.






                                     
                                        
                                                

                                                                                                          
                                                                                            

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mabiche1231 24/10/2009 13:11


KIKOU Marishka, je me rappelle de ces épisodes je les avais vu précédément sur ton blog! mdr; bisous, Nadine


CARAMBAOLE :0114: 30/09/2008 13:07

j'ai decidé de te lire a l'envers et pas deregret c'est un régalet je te fais une confidences il y a 2 ans je coupais l'ordi avec l'interupteur de la prise on ma dit une semazine apres que c'etait dangereux pour le disque dur de faire ca  lol