ALEX

Publié le par Marishka


Un triste épisode...mais qui finit HEUREUSEMENT BIEN !!!!                          
                                                         
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                                                    ALEX 


Nous voilà en 2004, le jeudi 14 octobre.

Nous sommes allés aux vendanges et je reviens de Bordeaux, avec Francis.
Toute la journée nous avons roulé en voiture.
Vers 20 heures, il me dépose enfin devant chez moi.
Je suis éreintée et une bonne nuit de sommeil s'impose.
Je suis en train de me préparer un petit encas.
Quand mon téléphone fixe sonne. Je n'ai pas le temps de me précipiter que déjà il s'est arrêté de sonner et maintenant c'est mon portable qui appelle ! je n'ai pas le temps de le sortir de mon sac que c'est celui de Virginie qui sonne ! 
Je regarde sur mon portable, quel est le numéro qui s'est affiché.
C'est celui d'Alex. 
Je rappelle, je tombe sur Méghane qui me dit de venir, sa maman a très mal à la tête et elle a vomi...
Je la rassure, et je lui dis que je finis de casse croûter et j'arrive.
Méghane me rappelle : "Maman a dit que tu viennes vite, elle a très très mal".
J'avais déjà été sollicitée à plusieurs reprises, par Alex pour divers petits maux, et je minimisais l'alerte...elle me passe sa maman, qui me dit avoir appelé le SAMU et qu'ils ne veulent pas se déplacer.
Elle leur a expliqué qu'elle était seule avec 3 enfants en bas âge, 
(10ans, 9 ans et 2 ans) et qu'elle avait un mal de tête à se la taper contre les murs !
Le SAMU, lui a dit de prendre du DOLIPRANE...elle l'a fait, mais elle vomit !
Qu'à cela ne tienne mettez-vous un suppositoire de DOLIPRANE !
 
Encore eût-il fallu en avoir...ce n'était pas le cas, et elle a raccroché en désespoir de cause.
Là je commence à paniquer...De chez moi, avant de me rendre à Voiron
(12 km), je compose le 15. Une femme médecin prend mon appel en considération et me dit de me rendre chez ma fille, d'aviser, et de rappeler le cas échéant.
20 minutes après, je suis à son chevet et je constate, qu'elle souffre énormément et elle me supplie de faire quelque chose... 
Je rappelle le SAMU comme convenu.
Là, cette fois j'ai affaire à un médecin homme, qui me dit avoir déjà pris l'appel de ma fille et de lui avoir dit ce qu'il y avait lieu de faire...mettre un suppositoire de DOLIPRANE...Alex qui entend la conversation et qui pense que rien ne va être fait pour la soulager, me dit en gémissant : "appelle les pompiers"! 
Le médecin a entendu et il se met à me sermonner : "je ne suis pas sourd, j'ai entendu, les pompiers ça n'ira pas plus vite ! "
J'ai haussé le ton, c'est bon ils vont m'envoyer un médecin...pour me faire plaisir !
Lorsque le médecin de garde arrive 15 minutes après, il procède à un bref examen, et très inquiet me dit qu'il soupçonne une méningite...Et il décide de l'hospitaliser en urgence. 
Il a dû tergiverser encore une bonne dizaine de minutes pour la faire admettre à l'hôpital de Voiron.
Alex hospitalisée, je rassure Méghane et Maxime du mieux que je peux. Elisa était partie chez son papa. Et je ramène les grands à la maison en leur disant que demain on irait voir maman.
Nous nous couchons. 
Une heure après un appel téléphonique me sort de mon premier sommeil : c'est l'hôpital de Voiron qui me dit qu'Alex a une hémorragie cérébrale et qu'elle a été conduite de toute urgence à Grenoble, à l'hôpital Nord....
Je suis muette de stupeur ! L'infirmière me demande si j'ai entendu...je bredouille oui, oui...mais mes pensées sont ailleurs...Comment me contenir devant les enfants ? 
D'autant plus que Méghane s'est réveillée et redressée dans le lit me demande de quoi il s'agit...Je suis anéantie...plus de forces mes jambes ne me tiennent plus...je suis une loque ! 
Que faire je suis en panique et j'appelle au secours Anouchka à...Bordeaux ! Je l'avais quittée quelques heures plus tôt et il me semblait que les secours allaient venir d'elle, elle a toujours été ma confidente...je m'écroule au téléphone...l'angoisse me submerge...
Elle me fait raccrocher et appelle Francis, qui est le plus près de chez moi.
Elle lui explique la situation en lui disant de vite venir me voir. Quelques minutes après Francis est chez moi. Les enfants sont réveillés et très inquiets sur ce qui arrive à leur mère, je ne sais même pas quoi leur expliquer, mais ils voient mon angoisse et sont tout tremblants de peur !
J'appelle les autres grands-parents des enfants pour les leur confier en pleine nuit. Après 2 appels, ils me répondent enfin...Ils attendent les enfants. Le papy me demande où est Elisa ? Il la croyait avec Méghane et Maxime...Et ils l'auraient gardée aussi, ça me fait chaud au coeur.

Avec Francis et Virginie, qui elle aussi meurt d'angoisse, nous nous rendons à l'hôpital.
Dans la salle d'attente, au bout d'une heure qui m'a parue une éternité, un médecin vient nous parler, je suis tellement KO, que je ne me lève même pas pour l'écouter...
Il nous explique qu'il s'agit bien d'une hémorragie cérébrale et qu'Alex n'a jamais perdu connaissance, ce qui est bon signe..mais le pronostic est réservé il faut attendre et voir l'évolution dans quelques jours. 
Alex a posé des questions au médecin, elle lui a demandé si elle risquait de mourir, il lui a répondu, à elle aussi, qu'il ne savait pas et qu'il fallait attendre quelques jours...
 
Je suis autorisée à aller la voir en salle de réa, elle pleure, elle pense à ses enfants, que vont-ils devenir ? On pleure dans les bras l'une de l'autre : je lui dis : "garde espoir, regarde tu n'as jamais perdu connaissance ça peut être bon..." On lui a fait des examens, une artériographie à l'aine qui la fait souffrir, et son mal de tête est toujours encore présent, quoiqu'un peu atténué.
On m'enjoint de sortir, je lui dis de ne pas s'inquiéter, pour les enfants on s'en occupe, elle, elle n'a qu'une chose à faire c'est vite guérir.
Lorsque je rentre à la maison, comme une loque, Anouchka, m'appelle, elle a pris un billet d'avion et sera demain près de moi...Il me tarde d'être à demain. Le reste de la nuit, je la passe éveillée...à un moment sur le matin je me suis assoupie, épuisée, je m'éveille et je crois avoir fait un cauchemar...puis tout me revient....
Le lendemain, je m'organise pour la garde des enfants.
Les grands-parents de Méghane et Maxime me disent qu'ils s'occupent d'eux, je suis tranquille de ce côté là. 
Reste à caser Elisa. J'appelle l'autre grand-mère, celle-ci me répond qu'elle a des activités et qu'elle ne peut pas se charger de la gosse ! je suis estomaquée ! 
Entre-temps Anouchka est arrivée et appelle la grand-mère. Elle lui explique la gravité de l'affection d'Alex, elle répond qu'elle n'a à recevoir d'ordre de personne !
Ça c'est le comble ! je l'appelle et lui dit clairement que je ne prends pas la petite, ma place est auprès de ma fille, qui est entre la vie et la mort ! Et que si c'était le cas de son fils, elle en ferait autant !
C'est pourtant une ex-infirmière ! 
Toujours est-il qu'elle devait douter de la gravité du mal qui frappait Alex, et qu'usant de sa situation d'ex-infirmière, elle a dû téléphoner à l'hôpital, pour savoir de quoi il retournait...
Elle a finalement accepté de garder Elisa...Avait-elle cru que je blaguais pour me débarrasser d'Elisa ?

L'après midi avec Anouchka, nous étions au chevet d'Alex.
Elle était encore en réanimation et nous sommes rentrées à tour de rôle dans la salle.
Elle souffrait encore de maux de tête, mais aussi de l'artériographie.
Moralement elle n'allait pas bien, on ne lui disait pas si elle était sauvée..et avait très peur de refaire une hémorragie...Elle n'avait qu'une pensée en tête : ses enfants.
Des pensées noires lui traversaient l'esprit...
Jérôme allait être papa en novembre, et elle se disait que dans toutes les familles, il y a une naissance et un décès...
Les jours suivants son état a évolué favorablement, elle a pu quitter les soins intensifs et occuper une chambre. 
Je lui ai amené une photo des enfants...elle s'est mise à pleurer déclenchant ainsi de violents maux de tête...Je m'en voulais à mort, mais elle a voulu malgré tout garder la photos de ses petits chéris.
Nous devions prendre mille précautions avant d'entrer dans la chambre...Lavage des mains au désinfectant et surtout ne pas élever la voix, Alex ne supportait aucun bruit...une porte que l'on referme un peu brutalement, les pas dans le couloir, le bruit du téléphone (que l'on a dû faire enlever...).
Ses maux de tête s'étaient quelque peu apaisés, mais elle souffrait du dos. Conséquence normale de l'évacuation du sang au cerveau et du liquide de l'imagerie injecté, lors de l'artériographie. Tout ça s'écoulait par la moelle épinière et la faisait souffrir. 
Je m'inquiétais : comment dire aux enfants de ne pas crier, rire, jouer...vivre tout simplement ?
Quelques jours plus tard, Anouchka a dû retourner à Bordeaux.
Et près d'une semaine après, Alex sortait de l'hôpital.

Nous avions convenu de laisser les enfants à la garde des grands-parents respectifs, et Alex, viendrait se reposer chez moi, ainsi elle ne subirait pas leurs cris. J'allais m'occuper d'elle, la gâter et la soigner comme un coq en pâte.
Les enfants étaient venus la voir à plusieurs reprises et de peur de lui faire mal à la tête, ils s'efforçaient de parler tout bas...Même Elisa qui n'avait que 2 ans...Elle demandait sans cesse si sa maman avait mal à la tête... 
Nous avions toujours l'angoisse d'une nouvelle hémorragie, et nous étions sur des charbons ardents.
Nous avons eu une alerte, 2 jours après qu'elle soit rentrée à la maison.
Elle était prise à nouveau de violents maux de tête, qu'elle identifiait identiques aux premiers, qu'elle avait eus chez elle...

Nous avons appelé le 15 et dès les premières explications, ils nous ont envoyé une ambulance afin de vite la ramener à l'hôpital.
Après la première bavure, ils ont reconnu l'urgence de la situation.
Heureusement cette fois, ce n'était rien...simplement des maux de tête qui survenaient, normalement, à la suite d'une hémorragie. 
 
Avant sa sortie de l'hôpital, le chirurgien nous avais reçues, pour nous dire qu'une opération était impossible à envisager, car l'angiome qui avait fait hémorragie, se trouvait en plein milieu du cerveau...Il restait cependant une solution : le " gamma knife " qui consistait en une irradiation bien ciblée de la tumeur, et qui ne se pratiquait qu'à Lille.
Il allait faire le nécessaire afin que nous y allions le plus tôt possible.

En décembre 2004, soit 3 mois après son accident nous nous rendions à Paris chez Jérôme et Raphaële, pour faire connaissance du petit Camille, né un mois plus tôt.
Dans la tête d'Alex toujours cette menace d'une nouvelle hémorragie...et elle voulait connaître son premier neveu.

Enfin en mars 2005 nous avons eu le feu vert, pour nous rendre à Lille.
Le lundi 21 mars, jour du printemps, du renouveau, j'y voyais un fort symbole, j'accompagnais Alex à Lille...nous nous souviendrons toujours de ce long voyage...d'une tristesse ! 
L'angoisse, si ça allait bien se passer était omniprésente...
Je logeais dans une maison familiale, pendant l'hospitalisation d'Alex, et un mini bus venait me prendre pour me conduire à l'hôpital et me ramenait le soir, à la maison familiale.
Le premier jour a consisté en une série de multiples mesures, faites par ordinateur pour bien "cibler" la tumeur. La préparation, les mesures ont duré plus longtemps, que l'irradiation elle-même...
Puis est venu le jour de l'irradiation dans les sous-sol blindés de l'hôpital.
Son médecin de Grenoble, le Dr Hoffman avait tenu à faire le déplacement, ce qui a grandement réconforté Alex. 
Elle avait en lui une confiance aveugle, au point de penser que sa vie était entre ses mains.
Je passerai sur les durs moment de cette intervention...Si cette douleur n'a pas été vécue, elle est impensable...Le Dr Hoffman ne lui a pas lâché la main, il l'a réconfortée jusqu'au bout.
2 jours après nous rentrions à la maison. 

Depuis elle fait des contrôles régulièrement. Tout est OK ! Plus de cicatrices, ni de la tumeur, ni de l'intervention.
Elle doit faire attention à ne pas prendre d'aspirine et éviter les gros efforts, mais ça elle ne sait pas faire...
La peur de mourir a été tellement grande, qu'Alex ne se prive plus de rien.

Ainsi l'année dernière, elle a eu envie d'aller au soleil en plein hiver.
Qu'à cela ne tienne : On a contacté Pierre mon frère, aux Antilles, et la voilà partie pour St. Martin, pour une dizaine de jours !
Une dizaine de jours de rêve !

Elle a toujours une pêche Alex !  



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                     L'art de se photographier toute seule aux Antilles

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 La maison antillaise de Pierre.                       les bords de la piscine avec le lagon en 
                                                                       arrière plan.
   
                                     

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