Samedi 22 Septembre 2007

Publié le par Marishka

Samedi 22 Septembre 2007


Je prévoyais hier, la journée de toutes les angoisses, je ne m'étais pas trompée.
A 11 heures, le fils d'Anouchka est allé la voir, avant sa descente au bloc prévue, pour 14 heures.
Elle était déjà endormie, impossible de lui parler...
La consigne de la veille : On ne devait pas la remonter dans sa chambre avant 17 heures...
A 11 heures changement d'avis : l'infirmière lui dit qu'on ne la remonterait pas avant 19 heures.
Las de tourner en rond, comme un fauve en cage, je décide d'aller calmer mon angoisse et me changer les idées, en allant voir les copains de la bourse du travail. 
1 an que je n'étais plus allée prendre connaissance des revendications de  mon syndicat...moi, je ne revendique plus rien.
Pour 19 heures, je serais déjà sur Grenoble...
A l'heure dite, je rencontre mon neveu et sa compagne sur le parking de l'hôpital.
Étreints par l'angoisse de plus en plus pesante, nous arrivons dans la chambre d'Anouchka : Elle n'est pas là...et chose impressionnante :  pas de lit non plus...
Nous nous renseignons.
Elle est descendue au bloc à 13 heures...Il faut compter 2 heures dans la salle de réveil...nous nous étonnons de cette longue absence. 
L'infirmier se renseigne par téléphone, au bloc : On vient juste de la conduire en salle de réveil. Ne revenez pas avant 21 h 30, nous prévient-il.
Son fils décide de rentrer chez lui et de revenir à 21 h 30. 
Il me conseille de rentrer chez moi. Je ne me sentais pas la force de poireauter 2 h 30, dans la salle d'attente... il me promet de m'appeler dès qu'il aura des nouvelles.
Je tue mon angoisse devant le match de rugby, mes 2 téléphones à portée de main. Ne me demandez pas le score du match...je regarde les mêlées et les démêlés des bleus de l'équipe de France, avec la tête ailleurs...
21 h 45...il m'appelle : Toujours pas d'Anouchka dans sa chambre. 
Il demande auprès d'une infirmière des nouvelles de sa mère. Celle-ci donne un coup de fil :
" Veuillez patienter dans la salle d'attente, le médecin va venir vous voir. "
Il est seul à l'hôpital, avec sa compagne et je sens la panique les gagner  tout comme moi d'ailleurs...ainsi qu'Alex qui ne cesse de m'appeler pour me demander si j'ai du nouveau...On craint une complication....
Alex, réveille Méghane pour lui dire que nous filons à l'hôpital.
A 22 h 30, nous voilà dans le couloir de l'hôpital où nous apercevons mon neveu et sa compagne, qui de loin nous font signe qu'Anouchka vient juste d'être remontée...Les infirmières sont occupées à l'installer dans sa chambre.
Nous sommes enfin autorisés à la voir.
A notre grande surprise nous remarquons tous en même temps qu'elle a les yeux grands ouverts, or depuis plusieurs mois, elle avait son oeil droit légèrement fermé !
L'infirmière lui dit devant nous : 
" C'est le docteur Hoffmann qui vous a opérée. "
" Only, for me... " répond-elle ! à notre grande surprise !
Elle a beaucoup entendu parler du docteur Hoffmann, qui a soigné Alex, et la consonance de son nom, lui fait répondre en anglais ! On rit !
Bien que vaseuse, elle répond de façon correcte à nos questions.
Juste un truc incohérent elle nous soutient que je lui ai téléphoné alors qu'elle était au bloc...
Puis, pour la première fois depuis longtemps, elle nous demande des nouvelles de sa fille...et enfin...une paturette, que nous lui refusons, bien évidemment !
Elle est même raisonnable et comprend quand on lui explique qu'elle revient du bloc et que pour l'instant elle n'y a pas droit.
Nous passons une petite demie heure auprès d'elle et nous la confions aux bons soins des infirmières de nuit.
Ce matin son fils vient de m'appeler : Elle a passé une bonne nuit. OUF !!!!
Il ne faudrait pas vivre souvent de telles journées, nous ne résisterions pas longtemps à ce stress...
Rosetina vient de m'appeler. Nous allons visiter la sisterette cet après midi, nous ne resterons pas longtemps, pour ne pas la fatiguer.

Aujourd'hui : St. Maurice, ma fête, qui est aussi celle de mon père.

Mon père, que j'ai vu en cauchemar et qui m'a ébranlée, il y a quelques jours...Aujourd'hui encore j'en suis très perturbée.
Je m'étais assoupie sur le canapé, devant la télé, voilà ce cauchemar  :

J'assistais aux obsèques d'Anouchka....mes copains syndicalistes, Charly et Fatah, étaient là pour me présenter leurs condoléances. J'étais en pleurs.
Au moment où Fatah, allait s'approcher de moi pour m'embrasser, mon père a surgi derrière lui et souriant, il m'a embrassée, en me disant :
" T'en fais pas, je suis là ..." 
Puis l'image s'est estompée, c'est à ce moment que je me suis éveillée en sursaut, j'avais de réelles larmes qui me coulaient des yeux. J'ai regardé l'heure : 1 h 58 exactement.
J'ai été complètement bouleversée par ce cauchemar. Je n'ai pu me rendormir qu'aux alentours de 4 heures du matin.

Dans mon esprit en pleine confusion, je ne pouvais discerner, s'il voulait me dire qu'il était là, pour accueillir Anouchka, ou s'il la protégeait...
Aujourd'hui je veux bien croire à la seconde hypothèse.

J'en suis encore très perturbée, car cette image était pleine de véracité :
J'ai senti, alors qu'il m'embrassait, sa barbe rugueuse contre mon visage et surtout l'odeur de son eau de toilette...Mennen, que je détestais lorsque j'étais plus jeune...
Cette odeur qu'il m'arrivait de retrouver sur le pain du petit déjeuner, le matin, lorsqu'éveillés avant les autres nous nous apprétions à partir au travail. 
Malgré le fait qu'il se rinçait les mains, après s'être mis cette exécrable eau de toilette, je la sentais sur le pain...
Combien de fois lui ai-je dit que le pain, puait son eau de toilette !

Il m'arrive de temps à autres d'aller dans le rayon parfumerie des magasins, ouvrir subrepticement ce même flacon Mennen, de renifler cette odeur et reboucher délicatement le flacon...pleine de pensée pour mon père...
 

Depuis ce " cauchemar ", je me surprends plusieurs fois par jour à penser à ce qu'il m'a dit, ça tambourine dans ma tête : 
" T'en fais pas, je suis là " . " T'en fais pas, je suis là ". " T'en fais pas, je suis là ".
Oui, je te sens là, papa ! Encore plus aujourd'hui...
 

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Agnès 23/09/2007 08:42

Bonjour! Je te lis, j'ai des nouvelles, je pense à toi et je suis heureuse que ça se soit bien passé pour Annie. Bises, Agnès