Vendredi 12 Octobre 2007

Publié le par Marishka

Vendredi 12 Octobre 2007


La chimio d'Anouchka n'a pas commencé...
Il y a une grande confusion à l'hôpital. Le personnel soignant n'était pas avisé du traitement chimio prescrit par la "chimiothérapeute" le matin, et qui devait commencer entre 14 et 15 heures...
Il n'ont pas eu le compte rendu de la chimiothérapeute...
La communication est difficile pour nous, mais aussi pour le personnel hospitalier.
Cédrik est parti à la recherche de Mme Chimiothérapeute.
Celle-ci a dit qu'il y avait une série d'examens et analyses à faire avant d'entreprendre le traitement...
Un deuxième son de cloche !
Une réticence peut-être justifiée par l'état de santé dans lequel on a trouvé Anouchka...
Celle-ci était hier très léthargique. Tout juste si elle nous a vus.
Manuella, sa belle-fille était présente lorsque nous sommes arrivés Francis, Françoise, Virginie et moi.
Elle s'était déplacée pour lui donner son repas. 
Nous avons discuté un moment au pied de son lit, puis Manuella a pris congé.
J'ai posé la question à Anouchka (la seule " conversation " que l'on a eue), si elle avait eu des visites.
" Non, personne " a t-elle bredouillé du bout des lèvres sans même ouvrir les yeux.
" Manuella n'est pas venue ? "
" Non. "

Depuis son épisode comateux, c'est la première fois que je la vois aussi abattue. Elle ne lutte pas, elle se laisse aller.
Depuis quelques jours elle a moins d'appétit...et ne nous demande plus de " paturettes ".
J'ai passé ma soirée, angoissée, à relater la visite à Alex et Rosetina, qui sont tout aussi effondrées.

Les liens qui m'unissent à Anouchka sont particuliers.

Je suis née 13 mois après elle, quatrième des enfants de la fratrie.
A cette époque là, dans les foyers, les enfants n'avaient pas une chambre chacun, comme aujourd'hui, on se débrouillait comme on pouvait.
C'est ainsi que j'ai toujours partagé le lit avec Anouchka.

Lorsqu'il arrivait de nous chamailler dans la journée comme tous les gosses, j'avançais une menace qui faisait mouche à tous les coups :
" Je ne te tiendrai pas, pour dormir cette nuit..."

Nous dormions imbriquées l'une contre l'autre en position du foetus, et je passais mon bras autour de sa taille. 
Pendant des années nous avons dormi ainsi.

Notre mère aussi avait une menace qui faisait mouche :
Il suffisait qu'elle nous dise, qu'elle ne viendrait pas nous embrasser dans notre lit, pour que nous obéissions au quart de tour.
Une ou deux fois elle a mis sa menace à exécution...quelques minutes !
Devant nos chaudes larmes elle se précipitait et nous faisait dire notre prière du soir et nous embrassait...Nous pouvions dormir tranquilles.


" Au nom du père, du fils, du Saint Esprit, ainsi soit-il...Mon petit Jésus protège-moi, je t'offre ma petite nuit. "
C'est cette prière et le baiser de notre mère qui ont bercé toutes les nuits de notre enfance.
Je ne sais pas si Rosetina s'en souvient...

13 mois d'écart, avec Anouchka...nous avons été élevées pour ainsi dire comme des jumelles. 
Très souvent habillées par notre mère de la même façon, nous partagions tous nos jeux, toutes les deux...avant que Rosetina ne vienne, 4 ans plus tard, partager notre duo.
Il n'y a encore pas si longtemps, avant sa maladie, Anouchka se plaisait à m'appeler sa " jumelle ". Et ce n'est pas moi qui l'aurais contredite.

Lorsque nous avons quitté le foyer parental pour fonder notre propre famille, nous n'habitions pas loin l'une de l'autre et en général nous nous retrouvions le dimanche avec nos marmailles.
Lorsqu'elle a fait construire sa maison, elle s'est éloignée d'une vingtaine de kilomètres. 
Mais pas pour longtemps. 
Sur ses conseils, un an après j'emménageais, avec ma famille, dans un appartement...à 5 kilomètres de chez elle.

La plus longue séparation dans notre vie a été lorsqu'elle s'est installée à Bordeaux...

                  




  


 

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