Mardi 4 Décembre 2007

Publié le par Marishka

Mardi 4 Décembre 2007


Encore un réveil sous la pluie... C'est d'une tristesse !

Francis, Françoise et moi nous nous souviendrons longtemps de notre montée à St Hilaire, hier.
A 13 heures, juste avant d'éteindre le PC et attendre "mon taxi" en bas, un petit coup d'œil sur la webcam, me laisse dans le doute...
La caméra est couverte de pluie et je ne distingue pas s'il neige ou pas... 
A deux Km de l'arrivée... il neige... et elle tient au sol. 
5 cm de neige fraîche, qui nous met dans une situation de naufragés de la neige !
Devant nous, une voiture monte en zigzaguant et dérape au bord du précipice... et finit par stopper, en travers, au beau milieu de la route.
Nous sommes obligés de stopper derrière elle, en pleine montée.
Il nous est impossible de redémarrer... et à notre tour nous patinons, nous dérapons.
Françoise et moi descendons et poussons la voiture... D'autres usagers de la route viennent nous prêter main forte, dont un médecin, qui a dû abandonner sa voiture plus bas, et qui finit la route à pieds.
Nous redoublons d'efforts, pour aller au moins jusqu'à un parking, à 100 mètres...
Là, on gare la mécanique, défaillante et nous faisons comme les autres automobilistes, nous montons à pieds.
Sur le parking, un couple d'un certain âge vient, tant bien que mal, d'arriver en patinant.
Dans ces moments là, tout le monde est solidaire. Nous leur proposons de les aider à garer leur mécanique, en la poussant.
"Ha, non ! On venait voir une parente hospitalisée, et on ne sait pas comment nous allons redescendre, nous préférons faire demi-tour maintenant. La neige va encore tomber..."
Avec Francis et Françoise nous rions sous cape.
Venir jusqu'ici et faire demi-tour !
Nous n'allons pas rire longtemps... aussitôt la question de savoir comment nous allons descendre, s'impose à notre esprit.
Souvent Francis, quand la météo nous inquiétait, nous a dit, à Françoise et moi, en riant :
"Si on ne peux pas redescendre, on dort là haut" !
Et moi toujours dans le sens de la plaisanterie :
"Moi, je ne peux pas, je n'ai pas de culotte de rechange, ni mon pyjama" !
Et hier, le voilà qu'il me dit, tandis que nous progressons vers l'hôpital :
"J'espère que tu as pris une culotte" !
On éclate de rire, malgré la situation délicate dans laquelle nous nous trouvons.

Anouchka somnole dans son lit. Nous l'éveillons et nous lui décrivons la situation.
Elle écarquille les yeux et semble bien m'écouter.
"Tu m'entends, Anouchka ? on a poussé la voiture pour arriver jusqu'ici" !
Elle fait signe : oui.
"Anouchka, on est à l'écoute de toutes propositions. Si tu as une idée pour le retour, dis-le nous. Hormis le car, la chambre d'hôtes au dessus de ton étage et le parapente, fais-nous savoir, si tu as une idée..."
Elle m'écoute et je suis sûre qu'en femme avisée, si elle avait pu me faire part de son idée, elle l'aurait fait.
"Bon, ne t'inquiète pas, on est à l'abri ici. On va trouver une solution."
Après ces efforts d'attentions soutenus, elle se rendort.

Après des tergiversations, nous optons pour la descente en car, en laissant la voiture au parking.
Francis se promettant de remonter le lendemain en car, la récupérer, en espérant que les chasse-neige auront été mis à pied d'œuvre.
Les infirmières, nous proposant également les chambres d'hôtes...

Une heure après, je fais une incursion sur la terrasse, pour... fumer une cigarette. J'aperçois 2 chasse-neige qui gravissent la côte.
Je cours chercher Francis et lui dis : 
"Si on doit descendre c'est maintenant, nous n'avons qu'à suivre la trace des chasse-neige".
Nous décidons de profiter de l'aubaine.
Nous ne sommes restés qu'une petite heure au chevet d'Anouchka... 
Nous l'éveillons et lui disons que les chasse-neige vont nous ouvrir la route. Elle nous écoute et se rendort.
C'est ainsi que nous redescendons... derrière les chasse-neige...
Dans la vallée... le soleil brille pour nous narguer ! Incroyable !

Dans la soirée, j'appelle Pierre, sous ses cocotiers... 
je passe de la neige au sable fin, via le phone !
Je lui raconte notre mésaventure, notre naufrage dans la neige...
A la succession de ses : ha là là là.... il compatit j'en suis sûre. 
Il m'ajoute que chez lui aussi, la température a baissé. C'est son hiver.
Au lieu de faire 30° il doit faire 28° ! 
Comme quand Alex est venue, me précise t-il. Oui c'est ça 28° !
Il m'écoute attentivement lorsque je lui dresse le bilan de santé de la sisterette... 
J'ai l'impression de l'accabler chaque fois un peu plus... à chaque coup de fil...
Après un silence pesant :
"Elle est bien entourée, par la famille" ? 
Phrase superflue, mais posée là, pour justement le rompre ce silence...
"Oui, Pierre tout le monde monte la voir. Ce n'est pas la neige qui nous empêchera de monter, on a la solution des cars, qui eux sont équipés."

Il était 13h45, aux Antilles. Il avait son repas sur le feu, qu'il s'est empressé d'aller éteindre. Il s'apprêtait à déjeuner lorsque je l'ai appelé... je pense que je lui ai coupé l'appétit.
Je m'en veux d'être la messagère de nouvelles si douloureuses. 




  

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Agnès 04/12/2007 09:53

Quelle galère ! Vous êtes bien courageux.. Gros bisous.