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1 articles avec ali baba et les quarante voleurs.

ALI BABA ET LES QUARANTE VOLEURS.

Publié le par Marishka

Lundi 6 Octobre 2008



                        Ali baba et les quarante voleurs.

 



Tout le monde a vu Fernandel dans "Ali Baba et les quarante voleurs, c'est aussi un conte tiré des "Contes des Mille et une nuits".
En le lisant, je revois Fernandel !


                   


                             



    Ali baba et les quarante voleurs.


                        

                  Il y avait une fois deux frères qui vivaient en Perse ; l’aîné s’appelait Kashim et le cadet Ali Baba.  Kashim était un être dur et cupide et pourtant, la chance lui souriait et il avait accumulé les richesses ; alors qu’Ali Baba, qui avait le cœur bon, était gueux parmi les gueux.  On aurait cru que la chance s’enfuyait devant lui.  Quoi qu’ils entreprissent, sa femme et lui, cela ne réussissait jamais.  Finalement, il ne lui resta plus rien que le toit qui abritait sa tête, son âne maigre et son esclave noire, Mardjana.  Ils arrivaient tout juste à se maintenir en vie.  Un jour, Ali Baba prit son courage à deux mains et alla implorer son frère de lui venir en aide :

« Viens à mon secours, Kashim, mon très cher frère !  Donne-moi au moins une poignée de farine ; ou bien un peu de graines de sésame pour nous empêcher de mourir de faim », lui dit-il en gémissant.

Mais Kashim lui répondit avec dureté et violence :

« Arrange-toi, Ali Baba, je n’ai pas de quoi distribuer aux autres !  Si tu veux te procurer de quoi manger, vends ton esclave Mardjana ; tu en tireras un bon prix ! »

« Comment pourrais-je faire une chose pareille, Kashim, mon bon frère ? répondit, effaré, le brave Ali Baba.  Ma femme et moi l’aimons comme notre fille !  Ne me pousse pas à une action si noire ! »

Mais Kashim ne se laissa pas attendrir et Ali Baba dût revenir les mains vides ; il raconta comment Kashim avait voulu qu’il vendît Mardjana et celle-ci lui dit :

« Tu as bien fait, Maître !  Tu verras que je saurai acquitter envers toi ma dette de reconnaissance. »

Le lendemain matin, Ali Baba s’en fut, sur le conseil de sa maligne servante, chercher du bois pour se faire quelque argent en le vendant au marché.  Il travailla dur toute la matinée ; quand le soleil devint trop ardent, il se mit, avec son âne, à l’ombre des buissons et s’endormit.  Il fut réveillé par le bruit de sabots de chevaux et bientôt apparut une troupe de farouches cavaliers.  Ils étaient armés jusqu’aux dents et, dans leurs visages broussailleux, leurs yeux cruels brillaient comme la lame acérée d’un poignard.  Ali Baba comprit qu’il était en présence de voleurs.

Ils mirent pied à terre, leur chef s’approcha d’un rocher élevé et dit :

« Sésame, ouvre-toi ! »

A la grande stupéfaction d’Ali Baba, la paroi de pierre tourna en grinçant, et les voleurs, l’un après l’autre, disparurent dans la ténébreuse ouverture, portant leur butin.  Ils étaient tout juste quarante et, dès que le dernier fut passé, la caverne se referma de la même façon.  Ali Baba se sentait des démangeaisons sous les talons, mais finalement, la curiosité l’emporta et il resta dans sa cachette pour voir la suite des événements.  Il n’attendit pas longtemps, le rocher s’ouvrit en grondant et les voleurs, avec un cri sauvage, sautèrent sur leurs chevaux.  Ils partirent en un galop de tempête.  Ali Baba sentit une pierre lui tomber du cœur.  Prudemment, il s’approcha du rocher et dit, tout bas :

« Sésame, ouvre-toi ! »

Et le rocher s’ouvrit ; Ali Baba n’hésita pas longtemps et s’engagea dans l’ouverture.  Il fut accueilli par une lumière aussi vive que celle d’un ciel ensoleillé.  La grotte où il était parvenu, et au milieu de laquelle il s’arrêta cloué par l’étonnement, était pleine de pièces d’or, de pierres précieuses, de riches étoffes, de vaisselle d’or et d’argent.  L’éclat de toutes ces richesses éblouissait les yeux.  Le pauvre homme, sans hésitation, s’empara d’un sac plein de pièces d’or et se dirigea vers la sortie ; mais la porte s’était refermée et on ne distinguait plus rien sur la pierre.  Ali Baba se rappela la formule mystérieuse et dit :

« Sésame, ouvre-toi ! »

Et la paroi de pierre tourna avec son grondement habituel, libérant Ali Baba.

Sa femme ne put en croire ses yeux, quand il étala devant elle tout l’or qu’il avait rapporté. Il y en avait tellement qu’elle n’arriva pas à le compter.  Elle s’en fut chez sa belle-sœur, la femme de Kashim, lui emprunter une mesure à blé.  Celle-ci, étonnée, lui dit :

« C’est avec plaisir que je te prête ma mesure, mais où donc as-tu trouvé du blé ? »

La femme d’Ali Baba se lança dans des explications si compliquée et si embarrassées que l’autre n’y compris rien.  Intriguée et, sans plus poser de questions, elle enduisit de cire fraîche le fond de la mesure.  Toute la nuit, Ali Baba et sa femme mesurèrent leurs trésors inattendus ; au matin, quand ils rapportèrent la mesure à la belle-sœur, cette femme rusée y trouva des pièces d’or retenues au fond par la cire.  Elle alla conter sa découverte à son mari.  Ce cupide avare se rua chez Ali Baba et lui enjoignit :

« Dis-moi immédiatement où tu as trouvé une telle quantité d’or qu’il t’a fallu notre mesure à blé pour le compter !  Sinon, je vais déclarer au juge que tu es un voleur ! »

Epouvanté, Ali Baba livra son secret.  Le vieil avare ne lambina pas ; emmenant tous les ânes qu’il possédait, il se précipita vers la caverne aux richesses.

« Sésame, ouvre-toi ! » cria-t-il et la roche s’ouvrit.

Il se rua dans la grotte et, tremblant de convoitise, il emplit sac sur sac de diamants et d’or.  Mais, quand il voulut s’en retourner, il ne put retrouver la formule magique.  Sous le coup de l’émotion, il avait tout oublié.  Il cria : « Orge, ouvre-toi ! Froment, ouvre-toi ! »  Rien !  Désespéré, il gémit : « Par tous les diables, avoine, ouvre-toi ! »  Toujours rien !  Le malheureux e revue tous les grains et toutes les graines, mais une seule ne lui vint pas à l’esprit : le sésame.  Tout à coup, la paroi de pierre, comme par magie, s’ébranla et les farouches voleurs firent irruption dans la caverne.  Tout de suite, ils virent Kashim et se rendirent compte de ce qu’il était en train de faire.  Le chef sortit son poignard et le lui enfonça dans le cœur.  Puis il ordonna à sa horde :

« Traînez son cadavre près de l’entrée de la grotte à la vue de tout un chacun.  Si quelqu’un d’autre a surpris notre secret, il saura ce qui l’attend ! »

Puis les voleurs retournèrent à leurs criminels agissements.

La femme de Kashim attendit longtemps le retour de son mari ; puis, folle d’inquiétude, elle courut, en larmes, chez Ali Baba.  Celui-ci se précipita vers la grotte secrète.  A peine sur son ordre le rocher s’était-il ouvert, qu’il recula, saisi d’horreur.  Le corps ensanglanté de son frère gisait devant ses yeux.  Ali Baba releva le cadavre et en chargea son âne pour le ramener chez lui et le soustraire aux offenses des misérables qui l’avaient tué.

Mardjana, plus avisée, lui déclara dès son retour : « Tu as commis une imprudence !  Dès que les voleurs s’apercevront que le cadavre a disparu, ta vie sera en danger !  Enterre Kashim sans cérémonie et raconte aux gens qu’il est mort d’avoir bu une eau souillée. »

Ali Baba suivit ses conseils.  Après l’enterrement, ils allèrent, sa femme et lui, avec toute leur famille s’installer, à la prière de leur belle-sœur, dans la maison de Kashim pour s’occuper de son commerce.

Quand les voleurs s’aperçurent que quelqu’un d’autre avait pénétré dans leur cachette, ils cherchèrent par tout le pays à découvrir le dangereux intrus ; mais en vain.  Alors, le plus rusé d’entre eux, s’en fut, sous un déguisement, flâner par la ville et il ne tarda pas à apprendre le trépas récent de Kashim et l’étonnant enrichissement de son frère, le pauvre Ali Baba.  Il se rendit compte qu’il avait trouvé son homme.  Il marqua d’une croix blanche la maison d’Ali Baba pour que, dans la nuit, les voleurs ne la confondissent point avec une autre semblable demeure, et retourna auprès de son chef, dans la montagne.  Mais Mardjana, toujours vigilante, remarqua ce signe étrange ; elle n’en comprit pas la signification mais, pour plus de sûreté, répéta la même croix sur toutes les maisons de la rue.  Quand, la nuit tombée, les voleurs cherchèrent la maison d’Ali Baba pour le punir son audace, ils ne purent la trouver.  Le chef, fou de rage, condamna à mort l’indicateur malchanceux et ils l’exécutèrent sur-le-champ.  Il en advint de même d’un second espion qui, pour être bien sûr, avait marqué la maison d’une goutte de son propre sang.  Mardjana, qui veillait toujours, s’en aperçut et marqua toutes les autres portes de la rue avec du sang de poisson.  De nouveau, les voleurs ne purent accomplir leur noir dessein et l’espion paya de sa vie leur déconvenue.

Le chef résolut alors de prendre l’affaire en mains.  Il chargea sur ses mulets quarante outres en cuir dans lesquelles on avait coutume de garder l’huile.  Il cacha les trente-huit hommes qui lui restaient dans trente-huit des outres, et emplit d’huile les deux dernières.  Puis, ayant revêtu le costume d’un riche marchand, il se rendit à la ville avec sa caravane de mulets.  Il faisait déjà nuit quand les voisins, qui n’eurent aucun soupçon du stratagème, conduisirent le chef des voleurs à la demeure d’Ali Baba.  Le chef murmura aux voleurs cachés d’attendre son signal et frappa à la porte.

« On m’a parlé de ta richesse, digne Ali Baba !  Je suis un marchand d’une contrée lointaine et j’apporte un chargement d’huile de la meilleure qualité que je voudrais te vendre.  Accepte de m’offrir un abri pour la nuit ; demain nous discuterons de cette affaire. »

Ali Baba fit un accueil cordial à cet hôte honorable.  Il ordonna à ses serviteurs de déposer les outres dans la cour et introduisit le marchand dans sa maison.  Il l’invita à souper et le festin se prolongea fort avant dans la nuit.  Cependant, l’esclave Mardjana s’avisa qu’il n’y avait plus d’huile dans la lampe ; elle en chercha dans la maison mais il n’en restait plus une goutte.  Alors, elle se rappela que le marchand étranger en avait tant et plus dans ses outres.  Elle prit une cruche, sortit dans la cour et s’approcha de la première outre.  Elle entendit alors une voix qui s’en échappait et qui demandait :

« Chef, est-ce le moment ? »

La courageuse jeune fille comprit aussitôt de quoi il en retournait et chuchota, en déguisant sa voix : « Pas encore ! »

Elle répéta son manège auprès de toutes les outres pour savoir combien il y avait de voleurs cachés ; elle en compta trente-huit.  Mardjana fut épouvantée.  Mais elle rassembla son courage ; s’avisant que deux des outres contenaient réellement de l’huile, elle eut une idée.  Elle alluma un grand feu dans la cour, emplit d’huile un grand chaudron et, quand elle fut bouillante, la versa dan chacune des outres qui recelait un voleur.  Les misérables périrent ainsi, l’un après l’autre.

Puis Mardjana rentra dans la salle du festin, prit son tambourin et dit qu’elle allait danser pour cet hôte de marque.  Elle avait entendu dire maintes fois que le chef des voleurs possédait un poignard magique qui ne manquait jamais un coup.  Elle se mit à danser et, tout en dansant, s’approchait du chef.  Plus près, toujours plus près, jusqu’à le frôler.  Alors, brusquement, elle saisit le poignard qu’il avait caché dans sa manche et, d’un seul coup, le lui plongea dans le cœur.

Quand Ali Baba se rendit compte à quel effroyable danger il avait échappé, grâce à l’intelligence et au courage de Mardjana, il lui donna sa liberté en récompense.  Puis, peu de temps après, il la maria à son fils.  Dorénavant, ils vécurent tous dans un bonheur sans nuage.

Ils ne se soucièrent même pas d’aller chercher les trésors fabuleux de la grotte des voleurs.

Peut-être y gisent-ils encore ?


                                      FIN









      

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